Ces examens aux noms barbares

Ce n’est pas l’arrêt des règles qui fait la ménopause, ni les bouffées de chaleur qu’il est indispensable de traiter. Quoique spectaculaires, ce sont là peut-être les troubles aux conséquences les plus minimes.

Carence ovarienne

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Il y a, par carence ovarienne, des pathologies autrement importantes et qui sont parfois engagées bien avant l’arrêt des règles ou les premiers signes subjectifs d’alerte.

Le début de cette carence ne peut donc être rigoureusement contrôlé que par des bilans périodiques systématiques, car les premières modifications sont toujours silencieuses et parfois très précoces.

Il est très difficile de fixer une date et d’établir des règles absolues car les variations personnelles sont assez grandes. Toutefois, on peut faire une sorte de planning raisonnable.

A partir de 40 ans, il faut :

un dosage complet sécrétion ovarienne, sécrétion surrénale ;

Surrénales

Surrénales

un frottis complet.

Si tout est normal, on recommence le dosage tous les 2 ans, le frottis tous les ans. Sinon, on commence la complémentation hormonale soit en faisant l’apport nécessaire, soit en nuançant la reprise de contraceptifs d’après les résultats. Et jusqu’à normalisation stable, un frottis semestriel et même trimestriel est nécessaire.

Un examen gynécologique

Un examen gynécologique doit être pratiqué au moins tous les 2 ans, et si possible tous les ans. Il doit comporter un examen mammaire très soigneux.

Il est bon de faire au moins une fois une radiographie complète de la colonne vertébrale, de façon à apprécier d’avance la qualité de l’ossification, les déformations ou défauts de posture, de la colonne ou des articulations de la hanche, susceptibles de s’aggraver brusquement lors des premiers perturbateurs osseuses.

Un bilan de pré-ménopause devrait être pratiqué au moins à 45 ans. Il comporte un interrogatoire détaillé. C’est lui qui permettra au médecin de découvrir la personnalité hormonale de la patiente, ses fragilités ou ses tendances pathologiques.

Si l’on veut avoir une action vraiment efficace, il faut concevoir la ménopause non comme une période de malaises, mais comme l’équivalent pour la deuxième moitié de la vie féminine de ce que la puberté est à la première.

Une sorte de préparation dont dépendra tout l’avenir.

Pour cela, il faut s’intéresser à bien plus que les simples problèmes du moment.

Il faut connaître la personnalité gynécologique hormonale et pathologique de la femme. De nombreux moyens sont donnés.

Le premier, le plus important, toujours indispensable malgré les moyens techniques modernes, reste un interrogatoire soigneux sur toute la vie, et si possible sur l’hérédité de la patiente.

La longévité, la fécondité des parents directs ou collatéraux, tous les antécédents familiaux d’athérosclérose, thrombo-embolies, phlébites, hypertension, acide urique, diabète, obésité, cancers — nombre d’enfants de la mère — âge de sa ménopause.

Dans l’enfance

L’existence :

  • d’un léger rachitisme : genoux en dedans, jambes de longueur différente, scoliose ou cambrure exagérée
  • des troubles circulatoires des extrémités avec engelures
  • la notion de maigreur ou d’obésité avant 7 ans

On est ainsi conduit à rechercher et éventuellement évaluer :

  • une pauvreté hormonale surtout progestative, initiatrice de ménopause précoce, d’ostéoporose
  • une insuffisance circulatoire périphérique
  • ou une tendance à l’obésité ou à la dégénérescence  graisseuse. Toutes choses qu’il ne faudra pas oublier dans le choix du traitement.

La puberté, son mode d’installation, le type de règles de l’adolescente, une tendance aux maux de tête, aux troubles digestifs, à l’acné.

Les grossesses, comme elles se sont déroulées, avec ou sans nausées, avec ou sans obésité, avec ou sans troubles circulatoires, avec ou sans hypertension.

Les accouchements faciles, ou difficiles et longs, le poids du bébé, une dépression post-partum ou une grande fatigue de plusieurs mois, les accidents phlébitiques.

L’allaitement, s’il a eu lieu, et surtout comment il a été interrompu.

Allaitement-bébé

Allaitement-bébé

Enfin, les règles, leur mode, leur rythme à l’âge adulte et leur modification actuelle par rapport à la période moyenne.

Par exemple chez une femme  dont les règles durent de 4 jours en période pré-ménopausique, le diagnostic est orienté dans des directions totalement inverses selon qu’elles ont diminué ou augmenté par rapport au flot habituel.

L’utilité de renseignement gynécologique

Tout renseignement gynécologique est utile :

  • au thérapeute
  • frottis
  • dosages
  • biopsies s’il y a lieu

S’il y a eu intervention chirurgicale, le compte rendu opératoire et surtout l’examen histologique de l’organe enlevé, peuvent donner des renseignement essentiels sur la personnalité hormonale de la patiente.

Il faudrait pouvoir indiquer les traitements hormonaux antérieurs. Or, il est rare qu’une femme se souvienne des noms des médicaments. Toutes confondent allégrement hormones mâles et femelles. Il serait utile de les noter pour pouvoir les signaler au médecin.

Il faut aussi signaler tout traitement hormonal, non ovarien : thyroïdien ou surrénal qui peut avoir une influence sur la sphère génitale et ne pas s’étonner de questions sur diverses pathologies.

L’évolution physiologique génitale d’une femme a souvent un type propre à chaque femme.

Ces renseignements successifs permettent d’établir un profil dont l’importance n’est pas négligeables pour estimer la valeur du bilan à faire et les domaines à explorer particulièrement, nuancer les indications de traitement, prévoir l’évolution future.

Bref, établir un planning des surveillances, des particularités ou des dominantes thérapeutiques à prévoir.

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