L’expansion de la philosophie et le progrès scientifique à propos de la ménopause

L’éclosion, puis l’expansion dominatrice de la philosophie grecque devaient singulièrement nuire au progrès scientifique.

L’expansion dominatrice de la philosophie grecque

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Il est d’ailleurs frappant de voir qu’à trois reprises dans l’histoire des sciences en général, et tout particulièrement de la médecine, la prédominance arbitraire de la raison philosophique sur l’observation et les connaissances techniques, a étouffé, obéré complètement la science, l’cartant des faits, des vérités et des découvertes aussi sûrement que son autre ennemi direct : l’intervention ou l’influence religieuse.

Histoire des sciences

Histoire des sciences

A côté des époques ou des civilisations de rituels magiques religieux de la préhistoire ou des primitifs actuels, la philosophie grecque, la religion juive, le christianisme du Moyen Age, la raison pure et le XVII e français, devaient chaque fois faire marquer le pas au progrès médical et même bien souvent, le faire régresser.

Le Moyen Age, enfoncé dans 1000 ans de ténèbres et d’obscurantisme scientifique, ne nous a guère laissé de textes sur la ménopause.

Les premiers microscopes

Puis, au XII e siècle, après avoir épuisé les possibilités de l’observation à l’œil nu puis à l’aide de loupes, les biologistes, à partir du principe de télescope de Galilée, mettaient au point les premiers microscopes.

Aussitôt l’histologie, l’anatomie pathologique engagèrent de prodigieuses découvertes. On entrait à pas de géant dans la médecine moderne.

Mais mille ans d’obscurantisme ne pouvaient s’effacer en peu de temps. Pour composer son Traité des parties des femmes qui servent à la génération, le grand anatomiste de Graaf, pour donner la forme à cette matière et la mettre en bel ordre, avait cru nécessaire de consulter les auteurs qui en avaient écrits lui.

Mais il devait trouver leurs écrits si diversement tournés qu’il lui fut impossible d’en tirer aucun avantage.

Découvre des éléments, des mécanismes de la reproduction

Or cet homme, avec deux ou trois autres, pénètre, en plein XIII e siècle, dans la médecine la plus moderne.

Il découvre les éléments, les mécanismes de la reproduction ! Et dans le même temps, pour défendre ses remarquables découvertes sur les organes génitaux et leur fonctionnement et, par exemple, sa théorie de la fonction des trompes, il est obligé de réfuter l’opinion ridicule de quelque-unes pour qui elles servent de soupirails pour donner moyen au fœtus de respirer, ou de cheminées pour monter la fumée de la matrice dans la cavité de l’abdomen !

Aussi, en dehors de l’immense progrès anatomique, n’est-ce pas de là qu’il nous faut attendre de grands éclairages sur le mystère de la ménopause.

Traité des maladies des femmes

Mais au  XIII e siècle, Jean Astruc, professeur du Collègue royal, médecin du roi Louis XV, qui exerça à l’Académie de Montpellier, écrit en 1761 un Traité des maladies des femmes, en six volumes.

Un des volumes concerne la ménopause exclusivement !

Elle est donc considérée comme un phénomène notable, et une entité bien définie.

Maladies des femmes

Maladies des femmes

Les règles cessent, dit-il entre 45 et 50 ans.

La pathologie semble dominée par :

  • des troubles neuro-végétatifs accusés : vapeurs hystériques très fortes et très vives, ou du moins, accidents qui appartiennent à ces vapeurs comme des rougeurs et des chaleurs, qui montrent souvent au visage, tout d’un coup, et qui se terminent par des sueurs momentanées…
  • des leucorrhées ou pertes blanches : ces fleurs blanches qui peuvent pourrir la matrice, citées avec insistance par tous les auteurs depuis l’Antiquité. Elles semblaient augmenter notablement à la ménopause et relevaient sans doute pêle-même de maladies vénériennes et d’infections multiples dues aux rapports sexuels ou aux séquelles d’accouchements.
  • des hémorragies, dont certaines guérissent toutes seules, mais d’autres relevant d’ulcère, de squirrhes, ou de cancers de la matrice, conduisent à la mort…

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