L’historique de la ménopause : comme une découverte récente

Pour les médecins, l’historique de la ménopause reste toujours intéressant jusqu’à maintenant, on en parle souvent comme d’une découverte récente, un phénomène pratiquement inconnu jusqu’à ce que, au début de ce siècle, la moyenne de longévité dépasse tout juste 50 ans, et lui donne enfin, en le généralisant, une entité bien définie.

Longévité moyenne et longévité absolue

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Historique de la ménopause

Historique de la ménopause

Mais cela tient à une confusion fréquente entre longévité moyenne et longévité absolue. L’augmentation moderne porte sur la moyenne de longévité : le nombre de personnes qui accèdent à un grand âge s’est élevé.

La plupart des femmes qui n’avaient au début de ce siècle qu’une cinquantaine d’années d’espérance moyenne de vie en ont maintenant 75.

Mais la longévité absolue pour sa part n’a subit qu’assez peu de modifications. Les vieillards de plus de 80 ans, s’ils étaient moins nombreux, ont toujours existé.

La ménopause donc, ne pouvait être ignorée, et on en trouve en effet des traces fort lointaines. Parfois, même en l’absence des descriptions physiologiques, la ménopause est reconnue et officialisée par la fin des tabous attachés à la fonction féminine.

Les Anciens l’ont déjà décrite, avec des détails étonnants. Et pourtant au début de l’ère chrétienne la moyenne de longévité était encore terriblement basse.

Une énorme moralité infantile, les grandes infections, les épidémies, les grands traumatismes ne leur laissaient que de chances de dépasser 25 ans.

Plus près de nous, les XVII e et XVIII e siècles, bien avant que soit atteinte une longévité moyenne qui permette une définition et des limitations nettes, nous offrent des études admirables que différentes époques d’élucubration diaffoirales ne réussirent pas à suffoquer

A quelques détails près, au regard de nos immenses moyens, nous avons bien peu progressé.

Hyppocrate, 400 ans avant J.-C., pratiquait a Cos une gynécologie, où une thérapeutique acharnée tout azimuth tenait la place majeure. Les traitements chômaient peu entre ses mains nous dit Littré.

Les leucorrhées

Les leucorrhées jouaient déjà un rôle fort important. Il est décrit longuement à l’aide de comparaison plus ou moins épicées : type n°1: comme de l’urine d’âne — type n°2 : comme de l’urine de mouton — type n°3 : comme un œuf cru etc.

Et s’aidant d’une étonnante multiplicité de produits, il se donne beaucoup de mal pour essayer de les traiter.

Le déplacement de matrice

Le déplacement de matrice semble à l’ordre du jour. Hyppocrate essaie de la contenir à l’aide d’ne grenade de forme appropriée, percée avant que possible dans le vagin, puis serrée avec une écharpe large afin qu’elle ne glisse pas.

Un autre déplacement, celui qui cause l’hystérie, par remontée de la matrice qui se fixe au fois !… semble cependant lui poser bien des problèmes ! Et devant ses échecs répétés il conclut philosophiquement  : Voilà ce qu’il faut que fasse la veuve : le mieux est de devenir enceinte

Quant aux jeunes filles, on leur conseillera de se marier !

Mais le reste du temps, il faisait feu de tout bois. Et pourtant, en dehors de tout ce déploiement de techniques compliquées et souvent folkloriques, on sent l’accumulation d’un nombre considérable d’observation, d’expériences pratiques et de grands efforts d’efficacité.

Il avait admis, comme évident, qu’une femme n’ayant plus de règles ne peut plus être enceinte, mais signale en outre à ce sujet des faits que nous ne retrouvons qu’en médecine moderne :

Médecine moderne

Médecine moderne

  • les femmes ne sont affectées de douleurs goutteuses qu’après l’époque de la cessation des menstrues
  • les attaques d’apoplexie, chez la femme, se manifestent le plus souvent depuis l’âge de 50 ans
  • lorsqu’une femme vieille se remet à saigner de la matrice, elle va sûrement mourir…

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