Les hormones face à la ménopause

Ainsi, pendant les années, des générations de médecins furent élevés dans la terreur du geste meurtrier : donner de la follicule à un femme.

Androgènes à tout va

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Dans le même temps, en bonne logique masculine et contre toute logique physiologique, superbement, sans examen, sans recherche, sans précaution et sans souci, les hormones mâles ont été distribuées généreusement aux femmes :

  • pour faire venir les règles, pour arrêter les règles
  • pour excès ovarien, pour insuffisance ovarienne
  • pour augmenter l’appétit, pour faire maigrir
  • à la puberté, à la ménopause, et entre la puberté et la ménopause

Mais la ménopause avait vraiment la part belle :

  • hémorragies
  • malaises
  • fibromes
  • obésité, etc.
Obésité

Obésité

Tout était prétexte à cette généreuse distribution.

Et surtout la tentative générale, partie d’un bon sentiment, d’avancer la ménopause. Ce qui devait tout arranger !

Assez rapidement, cependant, les femmes ont commencé à s’insurger contre la modicité des avantages et l’incommodité des inconvénients des hormones mâles :

  • avantages passagers puisqu’ils n’agissent que sur certains symptômes en augmentant le trouble causal :
  • désavantages durables, de blocage ou extinction ovarienne et très mal acceptés dans leurs manifestations viriles

Après la période d’hormones mâles

Après cette période d’hormones mâles, à tout va, a commencé une période de mélanges où seuls l’illogisme et l’absurdité le disputaient à la fantaisie imaginative.

Nous voyons encore trop souvent des cas où, sans le moindre dosage directif, tout a été essayé, absolument tout : œstrogènes, androgènes, freinateurs ou excitants hypophysaires, successivement ou ensemble, avec les déboires et les déséquilibres que l’on peut supposer.

On a cru longtemps à une poussée hyperœstrogénique en pré-ménopause.

Base sur des apparences cliniques de nervosité, gonflements, ou la mauvaise appréciation d’un frottis d’irritation ou d’insuffisance progestative, cette opinion, nous l’avons vu, ne correspond que rarement à la réalité des dosages hormonaux systématiques.

Mais, bien des années après la libre disposition de ces dosages, cette pseudo-hyper-folliculinie était toujours traitée par freinateurs.

Attitude déraisonnable et nocive puisque le trouble était justement une insuffisance sécrétoire qu’on aggravait encore en la freinant ainsi, alors qu’elle avait besoin au contraire d’être stimulée, ou compensée.

Dans la post-ménopause, la femme étant enfin sûrement hypo-hormonale, on entreprenait alors avec un superbe illogisme une action qui se voulait stimulatrice ou substitutive avec des œstrogènes.

On les agrémentait d’ailleurs souvent d’androgènes dont la popularité restait aussi indestructible que l’impopularité œstrogénique, et dont il est difficile de comprendre la justification, alors que la constance surrénalienne jusqu’à un âge avancé était déjà bien connue !

Contemporaine, mais avec une beaucoup large audience que l’attitude précédente, parce que jugée plus prudente par de nombreux poly-abstentionnistes, la théorie psychologique expliquait les troubles de la ménopause par un dérèglement psychologique (quoi d’étonnant chez des femmes !) et prétendait les traiter uniquement par des calmants…

Et un mépris apitoyé ou condescendant. Elle devait durer longtemps, malgré des échecs évidents et à peu près constants.

Les croisades

Mais la pilule vint !

La guerre des contraceptifs devait jouer un rôle immense, dont on ne mesure peut-être pas l’importance, dans l’officialisation des thérapeutiques de ménopause et la rapidité des progrès accomplis.

Enfin, tombait le mythe de l’hormone femelle maléfique ! Il avait eu la vie dure. Il avait donné lieu à des passions déchaînées, fanatiques, déshonorantes pour la science et auxquelles peu e personnes ont échappé, parmi les plus qualifiées et les plus honnêtes.

Mais, cette lutte même, est venue peut-être la plus grande chance des femmes. Le caractère fanatique, arbitraire des accusations contre les contraceptifs hormonaux, a provoqué un faisceau d’études, aux dimensions jamais atteintes, pour aucun médicament au monde.

Contraceptifs hormonaux

Contraceptifs hormonaux

Jamais de pareilles précautions n’ont été prises, de telles rigueurs introduites, tant de travaux pratiqués, pour garantir les effets secondaires et lointains d’une thérapeutique.

Mais l’hormone n’avait pas seulement à faire la preuve de son innocuité, ce qui le minimum exigible en médecine. Déclarée urbi et orbi dangereuse à priori, il fallait faire sans la preuve de l’inanité de cette nocivité obligatoire, obstinément recrée.

Au fur et à mesure que les arguments tombaient, devant des statistiques indiscutables, d’autres étaient soulevés, plus divers et plus absurdes, et pour une seule observation non contrôlée, le monde entier entrait en transe et prédisait le pire.

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