La ménopause effacée après la phase de thérapeutique substitutive

A partir du moment où, comme la douleur d’enfanter, elle cesse d’être passivement acceptée en tant que fatalité, ou nécessité obscure, le mythe de la ménopause s’évanouit : c’est avec des yeux neufs qu’elle peut être abordée.

Et voilà qu’on a, peu à peu l’impression d’assister à un phénomène qui dépasse de beaucoup les perspectives les plus optimistes. Une de ces surprises heureuses que donne, de temps en temps, la médecine, au détour de recherches parfois modestes, et sur des points, à première vue peu importants.

Ce n’est pas la première fois en médecine, qu’un traitement efficace précède la connaissance parfaite du phénomène qu’il est appelé à contrôler. Ce fut vrai pour presque toutes les hormones, l’insuline et le diabète, les extraits thyroïdes et la glande thyroïde, et bien d’autres encore…

Glande thyroïde

Glande thyroïde

Cela n’en diminue pas la valeur, l’utilité ou l’efficacité.

Il arrive, bien au contraire, que le traitement par son mode d’action et ses résultats, fasse avancer les connaissance sur le trouble qu’il permet de traiter.

La thérapeutique substitutive de la ménopause

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Cette méthode a permis :

  • de mettre en évidence, avec leur docilité thérapeutique, la dépendance hormonale de certaines pathologies
  • de détacher plus nettement les troubles et pathologies de privation hormonale de ceux de la sénescence pure
  • d’ébaucher enfin une approche sérieuse de l’effet des hormones sur l’involution générale de l’organisme âgé

…Toutes choses que la lenteur et le caractère tardif de l’involution masculine ne permettaient pas de différencier clairement.

Des horizons plus larges

L’étude de la ménopause ouvre des horizons beaucoup plus larges.

  • bouleversement neuro-hormonal exceptionnel, elle peut donner par ses excès mêmes, la clef de bien des perturbations pubertaires, encore mal expliquées et mal traitées
  • involution hormonale exemplaire dans sa précocité et sa brutalité, elle permettra peut-être de repenser l’involution de la fonction générale mâle, dont la décroissance lente est bien moins significative, et que son privilège de prolongation tardive a fait trop longtemps négliger
  • atrophie dégénérative, docile à l’hormonothérapie substitutive, c’est une porte entrebâillée sur le rôle de facteurs hormonaux vis-à-vis de la sénescence, et de tous les phénomènes neuro-hormonaux et métaboliques qui en procèdent ou la construisent

Une époque de progrès techniques extraordinaires

Nous sommes à une époque de progrès techniques extraordinaires, qui donnent à la recherche, à partir de disciplines variées, des possibilités démesurément élargies.

Cependant, elles sont loin d’être assez exploitées par la faute de leur richesse même. Un chercheur, enfermé dans son domaine propre, est très mal informé de touts les possibilités techniques contemporains que pourraient lui fournir des disciplines différentes.

Il est évident que seule la multiplicité des échanges d’une part, et la concentration de techniques de disciplines différentes d’autre part, permettrait  des progrès importants et rapides.

Ce n’est pas une réalisation facile.

Mais les recherches techniques, technologiques y parviennent, certaines nécessités écologiques y contraignent.

La préservation de 30 ans de la vie, pour la moitié de l’humanité, ses répercussions possibles pour l’autre moitié et sur la société en général, ne parviendront-elles pas à obtenir cette réunion de disciplines, de connaissances et de moyens qui aplaniraient tant de problèmes et couvriraient tant de chemin ?

L’effacement de la ménopause

Car l’effacement de la ménopause est aussi un problème social.

Depuis la dernière guerre, l’allongement considérable de la durée moyenne de la vie qui la sépare, de plus en plus nettement, des phénomènes de vieillissement auxquels, autrefois elle se confondait, les immenses progrès de la recherche et, ces dernières années, l’élargissement remarquable d’une thérapeutique efficace auraient dû la délivrer de tout mystère.

Thérapeutique efficace

Thérapeutique efficace

Or, il n’en est rien sur le plan scientifique, où l’on est encore incapable d’en expliquer tout à fait des causes mystérieuses et les mécanismes profonds, ni dans le domaine psychologique et social, où les choses n’ont changé qu’en apparence.

La ménopause est restée une limite physique et sociale qui tranche comme un couperet entre les « toutes femme »  et les « has been » et, comme le disait crûment Boyveau Laffecteur, le passage à cette divinité secondaire qui n’a plus d’adorateurs !

Aussi mérite-t-elle encore, bien que pour d’autres raisons, le titre d’âge critique qui lui attribué depuis des siècles, parce qu’elle précédait ou entraînait la mort.

Et pourtant quelque chose d’essentiel a changé : la moyenne de longévité féminine a augmenté de 25 ans et plus, depuis le début de ce siècle.

Ce n’est plus une sélection de sujets exceptionnels qui franchissent les écueils de la ménopause, ce sont toutes les femmes, et assez franchement pour qu’on ne puisse plus, à ce sujet, évoquer le vieillissement.

De nos jours, une femme qui consacre de 15 à 18 ans à la croissance, n’exerce que 20 à 25 ans sa fécondité, mais conserve 25 à 30 ans de maturité fonctionnelle et autonome avant la sénilité vraie peu avant de mourir.

La femme moderne est donc ménopausée 25 à 30 ans de sa vie.

En jouant un peu sur les mots, on pourrait résumer cette vie en trois époques :

  • un petit tiers, croissant
  • un tiers moyen, fécond
  • un très grand tiers, ménopausé !

Alors nous, qui sommes tous concernés, chercheurs, politiciens, sociologies, employeurs, médecins et femmes, comment pourrions-nous continuer d’ignorer longtemps encore ce très grand tiers ?

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